Edition n° 54 Mercredi 19 Mai 2004 PAGES PERSOS : FINIE L'ANARCHIE ! Pages persos n'est pas synonyme de «Je fais ce que je veux». Face aux abus constatés, Free décide de durcir l'application des règles d'utilisation de son espace Web. Guillaume, corp. Free, nous précise : «Dorénavant, les raisons pour lesquelles nous serions amené à bloquer espace Web et FTP sont les suivantes : · Stockage de fichiers · Dépassement de l'espace Web autorisé (+ de 100 Mo) · Nombre de requêtes trop élevé, ou mettant en péril l'intégrité des serveurs (dépassement de quotas) · Plainte d'ayants droits · Site n'entrant pas dans le cadre d'un site personnel (un site adulte pour s'amuser reste toléré, 20 comptes supplémentaires pour des sites X non) · Utilisation des espaces Web comme espace de transfert etc .... Si les abus perdurent, on procède au blacklistage des espaces Web (tous les espaces Web bloqués et interdiction d'en rouvrir). Le blacklistage peut intervenir (sans passer par le blocage) si l'abus est trop important. Pour information, il est prévu de bloquer le download en FTP. Pour les personnes ayant leur site web bloqué et ayant reçu un mail d'avertissement de la part de perso.abuse@corp.free.fr doivent contacter cette adresse si elles veulent faire les modifications adéquates.» Si vous avez des questions au sujet des Pages Persos, vous pouvez les poser ici. SILENCE OU JE FAIS EVACUER LE WEB Finalement la voix des Internautes et celle des FAIs n'aura pas été entendue : seize mois après sa naissance, la LEN (Loi pour la confiance dans l'Economie Numérique) a été adoptée dans un premier temps par le Parlement et, jeudi dernier, confirmée par le Sénat. Le Parti socialiste, rallié par les communistes et un collectif d'associations défendant les droits de l'Homme, a déjà annoncé la «contre-attaque» : il saisira prochainement le Conseil Constitutionnel afin que les sages examinent le texte tant controversé. Hormis des mesures de bon sens qui visent par exemple à éradiquer le spam, la LEN prévoit aussi des règles qui sont loin de faire l'unanimité : · les hébergeurs de sites Internet (dont Free fait partie) sont désormais légalement responsables du contenu de leurs pages. Bien malgré eux, ils devront juger à priori du caractère illicite ou non d'un site. Autrement dit, se substituer à une décision qui, jusqu'à présent, était prise, à postérori, par un magistrat. · La prescription admise à tous les médias "classiques" qui prévoit la nonpoursuite des auteurs d'un texte diffamatoire 3 mois après sa publication n'est pas appliquée à Internet. A la publication sur le Web, est appliquée la règle de prescription seulement 3 mois après le retrait de l'article en cause. Je lis une brève diffamatoire dans un journal datant de 1998, je ne peux pas poursuivre son auteur. En 2011, je consulte un Webarticle daté de 2004, je peux toujours attaqué son auteur. · Le respect de la vie privée est aussi un argument avancé par les opposants à la LEN celle-ci lançant plané un doute sur le caractère privé accordé à la correspondance par mail. Les photos que j'envoie à ma cousine de la Creuse relèvent-elles du domaine public ? Source : Journal «Libération», 14 mai 2004