Edition n° 71 Mardi 15 Juin 2004 FREE/FRANCE TELECOM Chemins croisés L'ADUF vous l'accorde. Il est intolérable de recevoir une newsletter avec autant de choses à lire ! Mais que voulez-vous ? Comme à chaque fois que notre ami Alexandre Archambault s'exprime sur un newsgroup Free, l'ADUF chamboule son édition pour vous faire part des explications avertis du plus bavard des corp's Free. Au programme : la logistique d'une commande de ligne ADSL ou comment Free et France Télécom préparent votre connexion. Et dans un second temps : réponse à un internaute faisant remarquer que la période transitoire délibérée par l'Autorité de Régulation des Télécommunications en juillet 2003 arrivait à son terme. Cette décision de l'ART concernait un différend entre France Télécom et Free au sujet de l'achiminement des communications vers les téléphones Freebox. «La console de suivi d'activation mis à disposition par Free n'est pas là pour faire joli, mais reflète bel et bien l'état d'avancement en fonction des informations remontées par les différents intervenants (Free/France Télécom/Logisticien/La Poste). L'ordre d'expédition de la Freebox est transmis à notre logisticien dès le retour par France Télécom de l'«Accusé de Réception OK» (et non dès la validation de la souscription par Free, car ça serait bête d'envoyer des Freebox pour des lignes dont la commande pourrait être finalement refusée par France Télécom pour diverses raisons), c'est-à-dire l'accusé de réception de la commande dégroupage/câblage IP/ADSL, afin d'éviter de perdre quelques jours (ne pas attendre le «Client Raccordé OK», c'est-à-dire le retour de France Télécom comme quoi il a été procédé au câblage de la ligne commandée, sachant que les retours sont remontés avec quelques délais - en moyenne à J+2 - par rapport à la réalisation de l'opération). Mais il se peut dans certains cas, heureusement très minoritaires, que la construction de la ligne puisse prendre plus de temps, ou que le câblage soit en gourrance, et que donc la Freebox parvienne à son destinataire alors que la ligne n'est pas encore opérationnelle. Par ailleurs, rappelons que les éléments en contact avec le client final chez France Télécom (1013/1014/1015/1016) ne sont pas vraiment ceux directement en charge du dossier dégroupage/câblage ADSL chez France Télécom, et que ce n'est pas parce que le client final de France Télécom s'adresse directement à son agence via les numéros susvisés qu'il faut en déduire que pour les opérateurs c'est exactement la même chose. En effet, France Télécom a mis en place une entité dédiée (le FOP, Frontal OPérateurs), et distincte du réseau commercial et technique en relation avec la clientèle, chargée de recueillir les commandes dégroupage et IP/ADSL, en contrôler la validité et les dispatcher (générant une remontée intermédiaire, l'«Accusé Réception OK» traduisant la prise en compte de la commande et sa programmation, ce qui déclenche alors l'ordre d'expédition de la Freebox) directement auprès des Unités Régionales de Réseau qui les distribuent alors aux Conduites d'Activité Locale concernées, qui sortent les Ordres de Travaux dans les NRA concernées, OT qui font ensuite l'objet d'un compte-rendu d'exécution (qui signale qu'une opération a été réalisée, mais qui n'atteste nullement de sa bonne réalisation dans la mesure où il n'y a pas de contrôle de conformité systématique à la production) envoyé à l'opérateur concerné et injecté dans le SI commercial & technique de FT auquel accèdent les agences. Sur tous ces points, l'offre de référence d'accès à la boucle locale de France Télécom (consultable notamment sur cette page) vous apportera tous les éclaircissements utiles.» "Si la décision n°03-905 de l'Autorité de Régulation des Télécommunications (ART) fixe au 30 juin 2004 le terme de la période transitoire (à savoir régime de collecte d'appel, Interconnexion Indirecte), rien n'interdit de devancer le terme en passant en Terminaison d'Appel (Interconnexion Directe). Quoiqu'il en soit, s'il y a bien un principe sacré en matière de régulation des télécoms, c'est la continuité de l'acheminement des communications. Ca ne se fait pas (hors motifs légitimes relevant de la sauvegarde de l'ordre public) de couper une interconnexion existante entre deux réseaux pour de simples questions d'ordre tarifaires, donc il n'y avait pas d'inquiétude à avoir concernant ce qui aurait pu se passer après le 30 juin. C'est dans cette perspective que, dans le courant de l'automne 2003, Free et France Télécom ont repris leurs discussions visant à préparer le passage à la situation cible, effective d'un point de vue technique dès janvier 2004 et d'un point de vue commercial au 1er juin 2004 (en fait, dès le 25 mai, mais les Systèmes d'Information ayant un peu de mal à valoriser du trafic sur un même mois sur la base de deux barèmes, on a renvoyé au 1er juin) avec la valorisation du trafic sur la base d'un régime de terminaison d'appel (un seul flux financier, opérateur départ => opérateur arrivée, le premier reversant au second une redevance de terminaison d'appel à l'instar de ce que demande France Télécom dans le cadre de son Catalogue d'Interconnexion pour terminer les appels sur son réseau, alors qu'en Interconnexion Indirecte, il y a deux flux financiers, l'un de l'opérateur arrivée vers l'opérateur départ pour rémunérer ce dernier pour l'utilisation de son réseau, et l'autre de l'opérateur départ vers l'opérateur arrivée pour reverser minus frais d'affacturage/recouvrement la recette moyenne des appels facturés à l'appelant). En parallèle, France Télécom a déposé auprès de ses autorités de tutelle (ART & Bercy tant que le nouveau cadre ne sera pas pleinement effectif) une proposition de décision tarifaire visant à faire évoluer le tarif à destination des numéros de type 087B, à l'instar de ce qui avait eu lieu pour les numéros 0860 Internet dont le tarif avait été décorrélé du tarif local en vue d'assurer une meilleure lisibilité (tarif valable 24h/24, prise en compte par les options tarifaires ad-hoc, etc...). Proposition qui a été refusée dans sa première version, FT étant invitée à revoir sa copie dans un sens plus respectueux de l'intérêt du consommateur compte tenu de l'inéligibilité à la sélection du transporteur pour les numéros de type 087B. Entre temps, Wanadoo est sur le point de sortir son offre de téléphonie, accessible au moyen de numéros 087B, donc cela incite France Télécom à revoir sa proposition dans une optique plus «pragmatique» dans la mesure où le tarif des 087B de Wanadoo sera le même que pour Free, donc France Télécom n'a pas vraiment intérêt à torpiller de la sorte sa nouvelle offre. Pour ce qui est du cas SFR/Orange, avec le passage en terminaison d'appels depuis le début de cette année, validé par FT au 1er juin, l'acheminement des communications à destination des 087B exploités par Free et les autres opérateurs relèvent de l'annexe 17 du Catalogue d'Interconnexion de FT, à savoir l'offre de transit vers les opérateurs tiers : en clair, les opérateurs qui ne sont pas directement interconnectés à Free peuvent balancer sur ce mode le trafic à FT, qui les facture redevance de terminaison Free + petite majoration prélevée par FT pour le transit dans son réseau. Ce qui de facto lève les obstacles qui empêchaient les UPN d'être inclus dans les forfaits, chose que Bouygues Télécom a anticipé il y a quelques mois. Les 2 autres, comme par hasard, se pressent lentement, mais rappelons que les opérateurs restent souverains dans leur politique tarifaire."