Edition n° 1480 Jeudi 21 janvier 2010 Une Chronique peut en cacher une autre OUI SI, NON SI... Suite aux dernières déclarations de Xavier Niel mardi soir, l'avenir des boutiques Free devient de nouveau flou. Pourtant le mois dernier, le compte-rendu du dossier de Free Mobile que publiait l'ARCEP ne laissait aucun doute : «Free Mobile indique qu'il mettra en place une stratégie de distribution réellement multi-canal basée sur les canaux de distribution physique (boutiques propriétaires et franchisées), les canaux dématérialisés et les canaux de distribution concurrentielle. L'ouverture de boutiques, détenues en propre ou franchisées, entre 2011 et 2015, qui devraient peser pour plus de 50% des souscriptions de nouveaux abonnés». Ainsi, par déduction, Free envisageait que la moitié de ses abonnements se seraient faits via Internet et que l'autre moitié auraient été souscrits en boutiques. Aujourd'hui, d'après les propos de son fondateur, Free n'envisagerait d'ouvrir ses propres boutiques seulement dans l'hypothèse d'une vente en ligne qui ne décolle pas. Un schéma que Maxime Lombardini évoquait déjà il y a plusieurs mois... Faut-il voir ici une stratégie d'écrémage ? Car à en croire plusieurs spécialistes, si la bande de fréquences allouée à Free permettra bien une couverture nationale, la limite se situerait plutôt dans le nombre d'abonnés que le réseau pourra supporter... Prenons une fourchette plusieurs fois estimée à 10 millions d'abonnés, prenons le nombre d'utilisateurs de la Freebox, environ 10 millions également, on se dit rapidement que sur un marché de plus de 60 millions d'abonnés, Free ne pourra pas servir tout le monde... 10 millions sur 60 ça fait toujours un taux maximum de 16% de part de marché, un taux bien suffisant selon le Directeur financier d'Iliad. Mais n'estce pas là une barrière technique infranchissable ? Enfin cette barrière, elle ne serait plus trop la même si Free était amené à remporter un deuxième lot de fréquences, que l'ARCEP devrait bientôt mettre en vente, mais c'est une limite qu'il faut retenir tout de même... En retenant donc le fait que le nombre de personnes que Free pourra accueillir sur son réseau restera limité, on peut effectivement se poser la question de l'utilité de créer des boutiques Free. Pourquoi mettre en avant un abonnement si le nombre de personnes pouvant en bénéficier est limité ? La stratégie de vente par Internet voire même dans quelques boutiques partenaires comme The Phone House, suffira-t-elle à convaincre plusieurs millions de personnes ? Pas sûr. Car sans aucune boutique, comme évoqué plus haut, la «puissance de frappe» serait réduite de moitié. A moins d'élargir la fenêtre à grands coups de renforts publicitaires, la visibilité de l'offre Free Mobile se retrouverait également diminuée. A moins de compter encore une fois sur le marketing viral, la spécialité de Free depuis de longues années... Oui, la création de boutiques implique des investissements considérables. Mais sur un marché de plusieurs milliards d'euros par an, on peut se dire que ça vaut vraiment le coup. Car une boutique ce n'est pas seulement une visibilité accrue. C'est également une proximité supplémentaire avec l'abonné. Une proximité qu'aujourd'hui seuls les techniciens itinérants peuvent apporter... C'est aussi la possibilité pour le prospect de toucher les produits. Une nécessité pour certains, à laquelle Internet ne répondra jamais... Une boutique, c'est également le moyen pour ces mêmes techniciens d'avoir à disposition un stock de Freebox et d'accessoires. C'est le moyen pour l'Assistance de réduire considérablement les sollicitations par mail, tchat ou téléphone. C'est aussi la possibilité de vendre des abonnements fixes en plus des abonnements mobiles. Une boutique, c'est une notoriété accrue, une image qui s'embellit et surtout, la possibilité pour Free, de montrer à tout le monde qu'il jouera définitivement, dans la cour des grands. Boutiques ou pas, il est difficile de douter sur le futur succès de Free Mobile. Pourtant, on se dit que sans boutique, Free manquerait une grande occasion de gagner en maturité... Au format PDF, cette newsletter est cliquable. Les mots en gras cachent des liens hypertextes. Passez la main Acrobat Reader sur l'un de ces mots, un W apparaît. Cliquez. Vous êtes sur Internet ;-) Toutes les marques de commerce, marques de service, logos et autres marques qui pourraient apparaître dans cette newsletter appartiennent à leurs propriétaires respectifs.